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L'IA en clair ·
Par Bruno Repellin  |  initIA Vienne  |  Pour les curieux de l'IA
N° 8  ·  Septembre 2026 Lecture : 3 min ☕

Bonjour,

Après une pause estivale bien méritée, « L'IA en clair » est de retour. Et comme promis dans le numéro précédent, voici la surprise annoncée : ce numéro est consacré aux devoirs. Une rentrée, ça ramène son lot de leçons, d'exercices et parfois de tensions autour de la table du soir. Voyons comment l'intelligence artificielle peut devenir un vrai coup de main, sans jamais faire le travail à la place de vos enfants ou petits-enfants.

Illustration d'un parent et d'un enfant faisant un exercice de maths ensemble, avec une tablette affichant une IA à côté.

Image créée avec ChatGPT.

  Pour tout le monde
⚡ L'actu du moment
Ce que dit vraiment le ministère sur l'IA et les devoirs

Depuis juin 2025, le ministère de l'Éducation nationale a publié un cadre officiel sur l'usage de l'IA à l'école, toujours en vigueur pour cette rentrée.

Ce texte est clair sur un point : utiliser une IA générative pour un devoir noté, sans autorisation explicite de l'enseignant et sans travail personnel d'appropriation, est officiellement considéré comme une fraude.

Le cadre précise aussi les usages autorisés en classe : encadré dès la 4e, en autonomie au lycée selon les consignes du professeur. Le bon réflexe pour les parents reste le même : demander à l'enfant ce que son enseignant autorise pour un devoir donné.

Le sujet du mois

L'IA, un soutien aux devoirs, pas un raccourci

Utiliser l'IA pour les devoirs, c'est un peu comme utiliser une calculatrice : tout dépend de la manière dont on s'en sert.

Demander la réponse revient à copier sur un camarade : rapide, mais ça n'apprend rien, et c'est une fraude si l'enseignant ne l'a pas autorisé.

Demander une explication permet de comprendre une notion mal assimilée en classe, à son rythme et sans jugement.

Demander une vérification aide à repérer ses propres erreurs une fois l'exercice terminé. Le ministère lui-même met en garde : une IA peut se tromper ("halluciner"), mieux vaut donc toujours vérifier une réponse avant de la recopier.

Le cas d'usage

Un exercice de maths qui bloque

Votre enfant sèche sur un exercice de maths et vous ne vous souvenez plus très bien de la méthode. Voici comment transformer l'IA en tuteur patient, sans la laisser faire le travail à sa place.

1
Poser l'exercice sans demander la réponse. Recopiez l'énoncé dans ChatGPT ou Gemini en précisant : « N'indique surtout pas la réponse, aide-moi à comprendre la méthode. »
2
Demander un indice, pas une solution. L'IA rappelle la règle ou la notion du cours concernée (par exemple la règle de trois) et propose une première piste, sans résoudre l'exercice.
3
Laisser l'enfant réessayer seul. Avec cet indice, l'enfant retente l'exercice. Si ça bloque encore, redemandez un indice un peu plus précis, sans jamais demander la solution complète.
4
Vérifier la réponse trouvée. Une fois l'exercice terminé, montrez la réponse de l'enfant à l'IA pour qu'elle confirme ou explique l'erreur. C'est cette dernière étape qui referme la boucle d'apprentissage.

Autre idée à tester : la même logique fonctionne pour réviser un contrôle. Demandez à l'IA une fiche de révision synthétique sur le chapitre, puis un quiz de 5 à 10 questions pour vérifier ce qui est acquis avant l'interrogation.

Pour ceux qui pratiquent déjà
  Pour aller plus loin
L'astuce du mois
Prompt clé en main
Transformez l'IA en tuteur qui pose des questions

Par défaut, une IA a tendance à donner directement la réponse. Ce prompt l'oblige à adopter une posture de tuteur, qui guide plutôt qu'il ne résout.

Tu es un tuteur pour un enfant de [niveau, ex. CM2]. Je vais te donner un exercice de [matière]. Ne donne jamais la réponse directement. Pose-moi des questions pour m'aider à trouver la solution moi-même, une étape à la fois. Voici l'exercice : [coller l'énoncé]

À retenir : Si l'IA donne quand même la réponse, redites-le lui simplement : « Non, pose-moi juste une question pour m'aider à réfléchir. » Elle s'ajustera.

La question d'un participant

"Est-ce prudent de faire lire les devoirs de mon enfant par une IA ? Je m'inquiète pour ses données personnelles."

C'est une question légitime, et même le ministère de l'Éducation nationale la prend au sérieux dans son cadre d'usage.

La règle de base : ne jamais faire saisir de données personnelles ou confidentielles (nom complet, adresse, établissement, photo du visage) dans une IA grand public comme ChatGPT ou Gemini. Pour un devoir, l'énoncé d'un exercice de maths ou une leçon d'histoire ne pose pas de problème : ce sont des contenus publics.

Le bon réflexe : recopiez l'énoncé sans les informations identifiantes, pas besoin d'indiquer le nom de l'école ou de l'enfant, et ne créez jamais de compte personnel au nom de l'enfant sur ces outils. C'est d'ailleurs une recommandation explicite du ministère.

En pratique, pour de l'aide aux devoirs classique (maths, français, histoire), le risque est faible tant qu'on reste sur du contenu scolaire général et qu'on évite les informations personnelles.

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